Communiqué commun URPS/association Alerte des médecins sur les pesticides et le glyphosate - 4 octobre 2017

L'Union Régionale des médecins libéraux Nouvelle-Aquitaine (URPS ML NA) et l'association Alerte Médecins Pesticides (AMLP) demandent à la France de ne pas voter le renouvellement d'autorisation du Glyphosate et appellent à la vigilance sur les perturbateurs endocriniens présumés - Communiqué de presse du 4 octobre 2017

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L'Union Régionale des médecins libéraux Nouvelle-Aquitaine (URPS ML NA) et l'association Alerte Médecins Pesticides (AMLP) demandent à la France de ne pas voter le renouvellement d'autorisation du Glyphosate et appellent à la vigilance sur les Perturbateurs Endocriniens présumés.

logo alerte medecins pesticidesEn ce 4 octobre, date où la Commission Européenne doit prendre une décision sur l'utilisation du Glyphosate, la Commission Santé et environnement de l'URPS-ML Nouvelle-Aquitaine et l'association Alerte Médecins Pesticides souhaitent communiquer sur les dangers des pesticides pour la santé des populations de la région Nouvelle-Aquitaine.

L'URPS ML Nouvelle-Aquitaine et l'association Alerte Médecins Pesticides demandent à la France de ne pas voter le renouvellement d'Autorisation du Glyphosate en se fondant sur le rapport du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) qui classe cette molécule au niveau de cancérogène probable. Les médecins libéraux pensent que le doute doit toujours bénéficier à la santé publique.

Par ailleurs, suite à la décision prise cet été par l'Europe sur la définition des perturbateurs endocriniens, l'URPS-ML et l'AMLP souhaitent que la notion de perturbateurs endocriniens présumés soit reconnue et permette ainsi la mise à l'écart de nombre de produits.

Quid du principe de précaution?

Les médecins souhaitent prendre une part plus active à la nécessaire éducation sanitaire de la population. Rappelons que les médecins libéraux de terrain représentent un maillage fin du territoire incontournable pour diffuser les messages de prévention !

Dr Philippe ARRAMON-TUCOO, Président de l’URPS-ML NA
Dr Pierre-Michel PERINAUD, Président d'Alerte Médecins Pesticides

Contacts : Dr Jean-Luc DELABANT 06 37 77 45 76– Dr Pierre-Michel PERINAUD - 06 31 23 66 72

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Réactions au communiqué

France 3 Nouvelle Aquitaine

Des médecins de Nouvelle-Aquitaine montent au créneau contre l'utilisation du glyphosate - interview des Dr Delabant et Périnaud, le 4 octobre

En plein débat sur le renouvellement de la licence de cet herbicide dans l'Union Européenne, des associations de médecins de Nouvelle-Aquitaine veulent alerter la population. Ils estiment que le glyphosate est dangereux pour la santé.
Le glyphosate est l'un des herbicides les plus utilisés dans le monde. Il est présent par exemple dans le fameux pesticide "Roundup" produit par l'américain Monsanto. En Europe, cet herbicide est utilisé par les agriculteurs. Les fruits et légumes qu'ils produisent en contiennent. Alors que la licence de cet herbicide dans l'Union Européenne expire fin décembre, un rapport de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a conduit la Commission à proposer à nouveau l'autorisation d'utilisation du glyphosate pour 10 ans.
Une erreur selon l'Union Régionale des médecins libéraux Nouvelle-Aquitaine (URPS) et l'association "Alerte Médecins Pesticides". Jean-Luc Delabant, secrétaire du pôle Nouvelle Aquitaine de l'URPS et Pierre-Michel Périnaud, président de l’association "Alerte Médecins Pesticides", veulent alerter la population sur les risques que peut entraîner cet herbicide sur la santé.urpsmlna dr delabant radiofrance oct2017

France Bleu Gironde : Pourquoi pensez-vous que cet herbicide, le glyphosate, est dangereux ?
Jean-Luc Delabant : Il existe un rapport du Centre International de Recherche sur le Cancer ( CRIC ), qui classe cette molécule, le glyphosate, au rang de "cancérogène probable". Les gens qui manipulent le glyphosate, comme les agriculteurs sont les plus exposés mais la population qui consomme les produits issus de cette agriculture est aussi touchée. C'est un produit très efficace donc on comprend qu'il soit utilisé mais on ne peut pas se retrancher derrière l’efficacité du produit pour oublier ses effets potentiellement toxiques sur la santé.
En tant que médecin constatez-vous, chez vos patients, des effets néfastes du glyphosate sur l'organisme ?
Pierre-Michel Périnaud : On ne peut pas vraiment analyser le phénomène au niveau d'une clientèle. Si l'un de mes clients a développé un lymphome non hodgkinien, une variété de cancer du sang qui peut être liée au glyphosate, il n'est pas possible de savoir avec certitude que la maladie est causée par l'herbicide. Mais je peux prendre du recul sur ma clientèle en regardant l'ensemble des statistiques et constater qu'effectivement les cancers augmentent indépendamment de l'âge de la population et parmi eux les lymphomes non hodgkinien sont une partie des cancers qui sont en augmentation depuis plusieurs décennies.
Est ce que cet herbicide est plus présent en Nouvelle-Aquitaine qu'ailleurs ?
Jean-Luc Delabant : De nombreuses études, issues de l'Institut de Santé Publique, d'Epidémiologie et de Développement ( ISPED), ont montré en clinique que dans les zones viticoles certains types de cancers sont plus développés que dans les zones où les pesticides ne sont pas autant utilisés. Il est toutefois extrêmement difficile de déterminer si le glyphosate est la seule et unique cause du développement de ces maladies. Cependant, la présomption est forte et je pense qu'il ne faut pas attendre d'avoir la preuve absolue que cet herbicide est néfaste pour l'interdire. Pourquoi quand un produit est supposé dangereux pour la santé on devrait continuer à l'utiliser ? Il est temps de prendre conscience que l'environnement joue un rôle majeur dans la santé....

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Le républicain

Les médecins libéraux contre le renouvellement d'autorisation du glyphosate - article du 1er octobre

L'Union Régionale des médecins libéraux Nouvelle-Aquitaine (URPS ML NA) et l’association Alerte Médecins Pesticides (AMLP) demandent à la France « de ne pas voter le renouvellement d’autorisation du glyphosate et appellent à la vigilance sur les perturbateurs endocriniens présumés.
Le 4 octobre, la commission européenne doit prendre une décision sur l’utilisation du glyphosate "un cancerogène probable"
Le glyphosate est un herbicide total foliaire systémique, c’est-à-dire un herbicide non sélectif absorbé par les feuilles et ayant une action généralisée. L’URPS ML Nouvelle-Aquitaine et l’association Alerte Médecins Pesticides fondent leur demande sur le rapport du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) « qui classe cette molécule au niveau de cancérogène probable.
Les médecins libéraux pensent que le doute doit toujours bénéficier à la santé publique. Par ailleurs, suite à la décision prise cet été par l’Europe sur la définition des perturbateurs endocriniens, l’URPS-ML et l’AMLP souhaitent que la notion de perturbateurs endocriniens présumés soit reconnue et permette ainsi la mise à l’écart de nombre de produits. » Les médecins évoquent le principe de précaution et souhaitent prendre une part plus active à la nécessaire éducation sanitaire de la population.
Bernard Peyré

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What'up doc ?

Aujourd'hui, la Commission européenne doit décider si elle veut continuer à autoriser le glyphosate, célèbre herbicide suspecté d’être cancérigène. Un acteur inattendu vient prendre position sur la question : l’Union Régionale des Professionnels de Santé (URPS) « médecins libéraux » de Nouvelle-Aquitaine. Son secrétaire général adjoint, le Dr Jean-Luc Delabant, nous explique pourquoi.

What’s up Doc : Comment votre URPS en est-elle venue à appeler la France à voter contre le renouvellement de la licence du glyphosate ?
Jean-Luc Delabant : La santé environnementale fait partie des missions des URPS. Nous nous y intéressons tout particulièrement, c’est pourquoi nous avons depuis toujours une commission dédiée à ce sujet. C’est cette commission, dans laquelle se retrouvent une douzaine d’élus, qui a pris cette décision.
WUD : Pourquoi ce tropisme environnemental de la Nouvelle-Aquitaine ? Est-ce lié aux pollutions dues à la viticulture ?
JLD : En partie seulement. Il y a aussi des problèmes liés à d’autres cultures. Nous travaillons par exemple en partenariat avec une association qui s’appelle « Alerte médecins pesticides », plutôt basée dans le Limousin, qui connaît des difficultés liées à la culture de la pomme.
WUD : Est-ce vraiment le rôle du représentant régional des libéraux de lancer ce genre d’alerte ?
JLD : L’Observatoire régional de la santé a clairement montré que le généraliste était l’interlocuteur privilégié des citoyens sur la santé environnementale. Nous pensons qu’il faut que les médecins de terrain soient mieux informés sur cette problématique pour mieux y répondre.
WUD : N’y a-t-il pas des avis controversés sur le sujet ?
JLD : Sur le glyphosate, il y a une position incontournable et incontestée : celle du Circ (Centre international de recherche sur le cancer, lié à l’OMS, qui a classé le glyphosate comme « cancérigène probable », ndlr). Mais nous en profitons aussi pour parler des perturbateurs endocriniens supposés. Bien que sur ce sujet, le consensus scientifique soit moins établi, nous pensons qu’il n’y a pas de raison que le principe de précaution ne s’applique pas à ces produits : il s’applique partout en médecine !
WUD : Pourquoi appeler la France à se prononcer contre le renouvellement de la licence du glyphosate ? Nicolas Hulot n’a-t-il pas déjà annoncé qu’il voterait dans ce sens ?
JLD : Nous voulons encourager le Gouvernement à ne pas changer d’avis. Ça c’est déjà vu !

Docteur Green | 4 octobre 2017 | Adrien Renaud

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Sensibiliser les médecins à l’impact de l’exposition aux perturbateurs endocriniens sur la santé, pesticides en tête

L’augmentation des pubertés précoces, des leucémies ou des troubles thyroïdiens pose la question du rôle des perturbateurs endocriniens.

La commission « Santé et environnement » a décidé de sensibiliser les confrères par la mise en ligne d’une vidéo pédagogique d’une minute sur YouTube, ci-dessous.

Des études démontrent combien ces substances chimiques interfèrent avec la régulation hormonale, la reproduction, le métabolisme ou le système immunitaire...

D’autres ressources seront bientot disponibles sur le site de l’URPS-ML :

  • carte nationale des concentrations en pesticides
  • rapports d’expertise,
  • livrets informatifs et communiqués de l’association Alerte des Médecins sur les Pesticides (AMLP).

L'AMLP insiste sur la complexité de l’action des perturbateurs endocriniens « ce n'est plus la dose mais le moment d'exposition qui devient crucial, les perturbations sont d'autant plus graves qu'elles se produisent à certaines périodes du développement particulièrement sensibles (période fœtale, petite enfance, puberté). Et les effets induits peuvent être retardés dans le temps ».

En savoir plus

Focus sur le CAPCV

Depuis 2008, le Collège Aquitain de Prévention Cardio Vasculaire (CAPCV) réunit des médecins cardiologues, des médecins généralistes, ainsi que des infirmiers, des kinésithérapeutes, des diététiciens, des éducateurs sportifs, des professeurs en activité physique adaptée (APA) et des associations de patients.

Parmi les différentes actions que le CAPCV porte, il a depuis 6 ans réfléchi (avant que ce ne soit la mode) sur la prescription de l’activité physique pour les patients porteurs de maladies chroniques cardio-vasculaires et/ou métaboliques.

Rappelons qu’à ce jour dans la majorité des cas le médecin généraliste est amené à rédiger un certificat de non contre-indication apparente à telle ou telle activité physique. En conséquence, pour les maladies chroniques, certaines précautions conduisent le médecin à ne pas rédiger ce certificat, amenant ainsi le patient à ne pratiquer aucune activité....

Fort de ce constat, les membres du CAPCV ont décidé de mettre en place des actions en amont et en aval de la prescription du certificat pour aider les médecins généralistes dans cette tâche.

En amont, il s’agit d’encourager les spécialistes, et en particulier les cardiologues, à ajouter dans leur courrier aux généralistes des conseils pour la pratique de l’activité physique :

logo CAPCV
  • fréquence cardiaque à ne pas dépasser,
  • intensité de l’exercice,
  • durée,
  • fréquence dans la semaine,
  • ...

Le CAPCV propose aussi au médecin traitant un certificat médical type.

Mais, dans le cas où l’activité physique préconisée est différente de la simple marche ou bicyclette, il est difficile pour le médecin généraliste de pouvoir proposer à son patient une solution d’orientation fiable : un éducateur sportif sur place, capable de prendre en charge les porteurs de maladie chronique (ayant eu une formation sur les conditions particulières de prise en charge de ces patients et sur les gestes qui sauvent).

Bien entendu les enseignants APA ont cette compétence, mais il n y en a pas partout et surtout ils se concentrent dans les grandes villes. Or, une activité physique pour les malades chroniques n’a de sens que si elle peut être proposée au plus près des patients dans le cœur des territoires...

C’est pourquoi le CAPCV a mis en place des modules de sensibilisation pour les éducateurs sportifs, validés par l’ARS et la DRDJSCS (Direction régionale et départementale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale). Cela permet ensuite à l’établissement où travaille l’éducateur formé de signer une charte. De nombreux éducateurs ont déjà été formés dans les Landes, la Dordogne, la Gironde et bientôt le Lot-et-Garonne.

Un annuaire des structures ayant signé la charte est disponible sur le site du CAPCV, ainsi que le certificat médical type.

N.B : dans le Limousin, un modèle similaire se structure et un modèle est également en cours de réflexion dans le Poitou-Charentes.

Drs Jean-Luc Delabant et Joël Ohayon,représentants URPS au CAPCV

MAJ : Mai 2017